dimanche 4 septembre 2011


Zodiac, 2007
Réalisation: David Fincher 
Production: Cean Chaffin, Brad Fisher, Mike Medavoy, Arnold Messer, James Vanderbilt
Scenario: James Vanderbilt d’après Robert Graysmith
Distribution: Jake Gyllenhaal (Robert Graysmith), Mark Ruffalo (David Toschi), Robert Downey Jr.(Paul Avery), John Carroll Lynch (Arthur Leigh Allen), Brian Cox (Melvin Belli), Chloë Sevigny (Mélanie)
Musique: David Shire
Genre: Drame, policier
Studio: Warner Bros
Sujet : Nous sommes en 1966, un jeune couple est tué en Californie. Le mystérieux meurtrier envoie alors des lettres cryptées au San Francisco Chronicle pour annoncer ses prochains assassinats...
Basé sur des faits réels, ce film est un véritable reportage. En effet bien des choses sont secouées dans cette série de meurtres, qui n’ont pas manqué de perturber profondément l’Amérique de l’époque. Un parallèle semble ici inévitable : après le meurtre de la famille Clutter de Holcomb, qui avait particulièrement intéressé Truman Capote, et qui a aussi intrigué le cinéma par deux fois, voici Zodiac, une décennie pus tard. La criminalité dans un cadre intime semble renforcer cet appel à la sécurité, toujours plus fort chez les américains. Cette sombre affaire de Zodiac est d’autant plus étonnante, que l’on n’a jamais vraiment  identifié le coupable. Seul Arthur Leigh Allen, ancien professeur, reste le principal suspect.


Mais le deuxième point commun avec « De Sang-froid » est l’obssession que cette affaire a suscité dans le domaine de la police et de la presse. L’inspecteur Toschi consacrera sa vie et sa carrière à Zodiac, et il en est de même pour Graysmith et Avery. Ainsi, Truman Capote n’est pas le seul à être fasciné de façon maladive par une sombre histoire de crime. Bien plus qu’un thriller, le film rend bien compte de cette idée fixe qui durera tout de même 20 ans. De plus les personnages sont tous attachants, avec pour chacun une personnalité marquée. Graysmith est le jeune excité complètement fasciné par le  sujet, et qu’il va finalement réussir à résoudre. Même l’audacieux Avery n’arrive pas à vaincre ses propres démons : il va devenir une vieille épave. Et pour ce qui est de Toschi, c’est l’éternel problème du policier : il se fait peu à peu ronger par cette affaire.

Après une première partie où les crimes de Zodiac se succèdent, tous plus horribles les uns que les autres, la seconde moitié d’un film est consacrée au déroulement de l’enquête. Par là, le film pourrait être considéré comme bavard, mais en réalité, on ne peut que louer le courage de David Fincher d’avoir traité d’un sujet aussi  complexe. Marqué lui-même par ce sérial-killer, comme tant d’autres enfants à son époque, il mène à bien un projet très personnel. Alternant scènes de suspense puis démonstrations policières, le rythme est fixé.



Pour ce qui est de la distribution, on peut dire que Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo (et oui, même lui) ainsi que Robert Downey Jr nous tiennent en suspens pendant plus de 2 heures de film. Seule Chloë Sevigny n’a pas la possibilité de nous montrer quoi que ce soit de son jeu ( s’il y a quelque chose à montrer) dans ce petit rôle malheureusement pas assez exploité. De plus, le jeu de John Carroll Lynch dans le rôle du criminel est tout à fait remarquable. Tout dans ce film, y compris la reconstitution des époques successives (60-80) réussies, ainsi que la profusion de détails énoncés par les acteurs évite le piège du thriller : profusion de nouvelles technologies ennuyeuses et démonstrations policières
interminables. A ne pas voir tous les jours à cause de sa morbidité, mais à regarder pour découvrir certains aspects de la culture américaine.

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