samedi 1 octobre 2011


American Beauty, 1999

Réalisation: Sam Mendes
Production: Bruce Cohen, Dan Jinks
Scenario: Alan Ball
Distribution: Kevin Spacey (Lester Burnham), Annette Bening (Carolyn Burnham), Thora Birch (Jane Burnham), Wes Bentley (Ricky Fitts), Mena Suvari (Angela Hayes)
Musique : Thomas Newman
Genre: Drame
Studio: Dreamworks
Sujet : Lester Burnham vit avec sa femme et sa fille dans une banlieue américaine tranquille. Mais peu à peu, il prend conscience que sa vie n’est jamais ce qu’il a recherché...

Peu de films arrivent à dénoncer des choses avec simplicité. Mis à part le genre du documentaire, la fiction doit arriver à accrocher l’attention du spectateur, sans pour autant tomber dans dénonciation constante. American Beauty est arrivé à surmonter cette difficulté, à travers les personnages de la famille Burnham. Emblème de celle qui a réussi, cette maison a une face cachée qui ne manque pas de nous faire rire, parfois, même si la note finale reste dramatique.

C’est suite à une prise de conscience soudaine que Lester estime qu’il doit arrêter de mener sa vie comme il l’a toujours fait. Remettant en question chaque geste quotidien, jusqu’à son entourage directe, avec une ironie que nous rend très bien la voix-off, il démissionne de son travail et vit sa révolution personnelle. Se mettant au sport pour plaire à la camarade de sa fille, fumant l’herbe que lui procure le copain de sa fille, n’aimant plus de sa femme que le spectacle pathétique qu’il lui offre... voilà un nouveau départ incompréhensible pour son entourage. C’est d’ailleurs son environnement qui va le tuer, malgré toutes les démarches faites pour changer de vie. Tué par son voisin après un moment délicat, sa vie se termine en un meurtre qui ne l’étonne pas lui-même. 





Pour ce qui est de sa femme, elle-aussi vit une révolution. Etouffant dans sa carrière professionnelle qui n’arrive pas à décoller, perdue dans sa vie conjugale et familiale, la métamorphose de son mari finit par déclencher la sienne. Elle prend comme amant un homme qu’elle admire et profite d’elle, et est persuadée de comprendre sa fille alors que c’est tout le contraire. Pourtant, alors que Lester finit par devenir heureux juste avant de mourir, elle ne le sera jamais. Se battant contre ses propres démons, elle pleure comme une enfant  dès qu’elle se retrouve seule. Elle touche le désespoir jusqu’à vouloir la mort de son mari. Personnage haut en couleurs, on la suit dans son parcours écrit d’avance, et rien ne nous étonne : c’est là la force du scénario. 




 Jane voit bien ce que la situation conjugale de ses parents implique pour la vie familiale. Ne trouvant aucun réconfort auprès de son amie Angela, elle éprouve une forte attirance pour son voisin énigmatique, Ricky. Tous deux exclus et mal-aimés, ils en arrivent à mépriser l’avenante Angela, bourrée de complexes, « sans personnalité ».
Chaque scène de la vie familiale apparait tellement vide de sens et sans intérêt que plus rien ne nous étonne. Le drame arrive dans le film alors qu’on s’en doute depuis longtemps. Parfaite représentation du prétendu rêve américain, où tout conduit à vivre une existence conformiste.
Le casting est excellent, et la mise en scène de Sam Mendes  accompagne les acteurs avec justesse.  
  

2 commentaires:

  1. Je l'ai vu hier soir et c'est un excellent film. Je venais de lire un peu plus tôt un chapitre de "Comprendre les Etats-Unis" d'André Kaspi et en fait, on comprend la réalité beaucoup mieux en visionnant simplement ce film: la vie de banlieue étouffante, le pseudo rêve Américain comme tu le dis et puis tout le reste, les thèmes récurrents, les armes à feu, la pression de la carrière professionnelle, les ados frustrés, menteurs... Tout y est. Quand le jeune couple évoque la possibilité de tuer le père, on s'attendrait presque à ce qu'ils le fassent, ce qui nous rappellerait un peu "Elephant". J'aime beaucoup le rôle de la mère et le final, lorsqu'elle s'effondre dans le placard, c'est d'une grande finesse. Merci pour cet article :)
    C.

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  2. Ah, voilà un article qui fait plaisir: il fallait qu'il soit enrichi par un livre! C'est vrai que Sam Mendes semble bien exploiter les travers de son pays, et que le personnage de la mère compense en énergie l'ironie passive de son mari! Tout est bien combiné!Je n'avais pas pensé aux armes à feu, ni à Elephant! Heureusement que tu est là!! ;)

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