lundi 3 octobre 2011


Harold et Maude 
(Harold and Maude), 1971

Réalisation: Hal Asby
Production: Colin Higgins, Charles Mulvehill
Scenario: Colin Higgins
Distribution: Ruth Gordon (Maude), Bud Cort (Harold), Vivian Pickles (Mrs Chasen), Charles Tyner (Oncle Victor)
Musique : Cat Stevens
Genre: Comédie dramatique
Studio: Paramount
Sujet : Harold est un jeune garçon fasciné par la mort, isolé dans sa richesse. Maude est une vieille dame excentrique  pleine de joie de vivre. Ils vont se rencontrer...



Voilà un film qui ne peut que nous enchanter. L’excentricité est à l’ordre du jour, et jamais elle nous a paru aussi adorable. C’est avec une profusion de scènes naïves et sensibles que Harold et Maude nous éblouissent.
Maude est une vieille dame qui n’a rien à perdre dans la vie. Ancienne rescapée des camps, elle croque la vie à pleines dents et va sauver Harold. Son caractère d’artiste incomprise, ses frasques quotidiennes surprennent encore aujourd’hui. Elle aime d’ailleurs tellement la vie et ses charmes, qu’elle se suicide le jour de ses 80 ans. La peur de ne plus pouvoir faire ce qu’on désire l’engage à un tel sacrifice, car ce sera la fin de sa relation avec son jeune compagnon. Mais la fin nous fait bien comprendre que son influence sur Harold ne veillera jamais : il joue du banjo, lui qui ne faisait rien de sa vie avant de l’avoir rencontré. 



Mais, en réalité, Harold occupait son temps avant de trouver en Maude sa fidèle compagne : il mettait en scène des suicides. Faisant ainsi toujours peur à sa mère, véritable caricature de la bourgeoise névrosée. L’atmosphère qui se dégage d’un tel quotidien donne lieu à des scènes surnaturelles. Perdu dans un milieu qui ne lui convient pas, il va voir son oncle Victor, général : devenu dingue au cours de ses années de service, il offre un visage peu flatteur des forces militaires. Le psychiatre que va voir Harold, montre combien la psychanalyse se retrouve impuissante devant de telles habitudes de vie.Ne parlons pas ce prêtre Derrière le couple Harold/ Maude, c’est tout un portrait de la société de l’époque, qui ne manque pas de nous faire rire.


Le film avait parié sur un sujet qui était bien risqué, et que, même encore aujourd’hui, on n’ose pas vraiment aborder avec autant de franchise : l’amour malgré la différence de l’âge. Avec plus de 5o ans d’écart, les sentiments naissent au cours des moments passés ensemble. Seulement, c’est avec justesse que ce film rappelle que ce type de relation ne semble appartenir qu’à ceux que la société ne cherche pas à comprendre. Et surtout ceux qui ont la force de ne pas s’en soucier. Peut-être qu’il se trouve bien des Harold et Maude dans ce monde, mais qu’on évite de voir. 




Mais c’est aussi un film qui montre l’écart des générations à travers la relation de Harold avec sa mère : pourtant, il est loin de brosser un portrait de la jeunesse heureuse. Ni les adultes, ni les jeunes ne le sont : c’est la génération de Maude qui l’est, malgré toutes ses souffrances. Peut-être comprend-on mieux le bonheur lorsqu'on a souffert.
La musique de Cat Stevens se fond parfaitement avec le genre du film, et Ruth Gordon nous offre une prestation qui n’a d’égale que celle de Bud Cort. Tous les deux dans leur rôle jusqu’au bout, ils nous font suivre ce couple avec émerveillement.



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