Harold et Maude
(Harold and Maude), 1971
Réalisation: Hal Asby
Production: Colin Higgins, Charles Mulvehill
Scenario: Colin Higgins
Distribution: Ruth Gordon (Maude), Bud Cort
(Harold), Vivian Pickles (Mrs Chasen), Charles Tyner (Oncle Victor)
Musique : Cat Stevens
Genre: Comédie dramatique
Studio: Paramount
Sujet : Harold est un jeune garçon fasciné par la mort,
isolé dans sa richesse. Maude est une vieille dame excentrique pleine de joie de vivre. Ils vont se
rencontrer...
Voilà un film qui ne peut que nous enchanter. L’excentricité
est à l’ordre du jour, et jamais elle nous a paru aussi adorable. C’est avec
une profusion de scènes naïves et sensibles que Harold et Maude nous
éblouissent.
Maude est une vieille dame qui n’a rien à perdre dans la
vie. Ancienne rescapée des camps, elle croque la vie à pleines dents et va
sauver Harold. Son caractère d’artiste incomprise, ses frasques quotidiennes
surprennent encore aujourd’hui. Elle aime d’ailleurs tellement la vie et ses
charmes, qu’elle se suicide le jour de ses 80 ans. La peur de ne plus pouvoir
faire ce qu’on désire l’engage à un tel sacrifice, car ce sera la fin de sa
relation avec son jeune compagnon. Mais la fin nous fait bien comprendre que
son influence sur Harold ne veillera jamais : il joue du banjo, lui qui ne
faisait rien de sa vie avant de l’avoir rencontré.
Mais, en réalité, Harold occupait son temps avant de trouver
en Maude sa fidèle compagne : il mettait en scène des suicides. Faisant
ainsi toujours peur à sa mère, véritable caricature de la bourgeoise névrosée.
L’atmosphère qui se dégage d’un tel quotidien donne lieu à des scènes
surnaturelles. Perdu dans un milieu qui ne lui convient pas, il va voir son
oncle Victor, général : devenu dingue au cours de ses années de service,
il offre un visage peu flatteur des forces militaires. Le psychiatre que va
voir Harold, montre combien la psychanalyse se retrouve impuissante devant de
telles habitudes de vie.Ne parlons pas ce prêtre Derrière le couple Harold/ Maude, c’est tout un
portrait de la société de l’époque, qui ne manque pas de nous faire rire.
Le film avait parié sur un sujet qui était bien risqué, et
que, même encore aujourd’hui, on n’ose pas vraiment aborder avec autant de
franchise : l’amour malgré la différence de l’âge. Avec plus de 5o ans
d’écart, les sentiments naissent au cours des moments passés ensemble.
Seulement, c’est avec justesse que ce film rappelle que ce type de relation ne
semble appartenir qu’à ceux que la société ne cherche pas à comprendre. Et
surtout ceux qui ont la force de ne pas s’en soucier. Peut-être qu’il se trouve
bien des Harold et Maude dans ce monde, mais qu’on évite de voir.
Mais c’est aussi un film qui montre l’écart des générations
à travers la relation de Harold avec sa mère : pourtant, il est loin de
brosser un portrait de la jeunesse heureuse. Ni les adultes, ni les jeunes ne
le sont : c’est la génération de Maude qui l’est, malgré toutes ses
souffrances. Peut-être comprend-on mieux le bonheur lorsqu'on a souffert.
La musique de Cat Stevens se fond parfaitement avec le genre
du film, et Ruth Gordon nous offre une prestation qui n’a d’égale que celle de
Bud Cort. Tous les deux dans leur rôle jusqu’au bout, ils nous font suivre ce
couple avec émerveillement.





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