The artist, 2011
Réalisation: Michel Hazanavicius
Production: Thomas Langmann
Scenario: Michel Hazanavicius
Distribution: Jean Dujardin (George Valentin),
Berenice Jo (Peppy Miller), James Cromwell (Clifton), Penelope Ann Miller
(Doris), John Goodman (Al Zimmer)
Musique : Ludovic Bource
Genre: Comédie Dramatique
Sujet : George valentin est un jeune acteur sur la
vague de la gloire. Il rencontre une jeune actrice, alors figurante, mais c’est
sans compter l’arrivée du cinéma parlant et la crise de 29...
Faire un film muet à notre époque était un pari risqué. Mais
bien évidemment, Hazanavicius, qui avait réussi les années 60 avec les deux OSS
117, il fallait qu’il réussisse aussi les années 20. La reconstitution de
l’époque est parfaitement réaliste : on a vraiment l’impression de
regarder un véritable film muet avec une qualité extra.
Mais c’est un hommage à ce cinéma, que l’on a tendance à
oublier : l’intrigue est d’un tel lyrisme, qu’on est surpris de
s’apercevoir que l’on peut être ému par un film muet, encore aujourd’hui.
Toutes les vieilles recettes sont utilisées à la perfection, et ça marche.
L’histoire, d’ailleurs, oscille entre le drame et la
comédie : le rire est au rendez-vous dans certaines scènes, mais si le
film se termine par un happy ending, il
se trouve des moments où on est vraiment ému. La tentative de suicide,
l’incendie, Peppy Miller pleurant dans sa voiture sont des scènes toutes aussi
émouvantes les unes que les autres.
Rendant du même coup hommage aux grands classiques, on ne
peut s’empêcher de relever avec joie les clins d’œil à Chantons sous la
pluie, à Vertigo ... Faut-il que Hazanavicius aime le
cinéma et son métier pour nous réserver de telles surprises !
Leur histoire, alors qu’elle aurait s’annoncer assez
prévisible, nous ménage pourtant quelque surprise : allongée dans le
temps, la gloire ne sépare pas les deux protagonistes, mais finit par les
rapprocher. Faut-il y voir un hommage à la magie du cinéma ? Des villas
luxueuses hollywoodiennes au taudis de George, ils se cherchent constamment en
dépit des malheurs de leur métier et leur époque. Ruiné, désillusionné, oublié,
la longue chute de George n’a pour rayon de soleil que Peppy, joyeuse star
montante.
Berenice Jo est tout simplement rayonnante et se comporte
comme si elle était née dans les années folles, quant à Dujardin, il est
absolument fait pour le rôle : entre comédie et drame, il fait tout avec
le même naturel, qui fait bien son charme. Le chien est indispensable à
l’histoire, et fait pour l’originalité du film. La mise en scène est géniale,
sans hyperbole, et nous propulse tout droit dans les années 20, et c’est une
agréable plongée dans cette joyeuse époque du cinéma. On se tait tous dans la
salle, et parfois dans le plus grand silence : ce retour aux origines du
septième art est décidément une très belle expérience !





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