mercredi 2 novembre 2011





The artist, 2011

Réalisation: Michel Hazanavicius
Production: Thomas Langmann
Scenario: Michel Hazanavicius
Distribution: Jean Dujardin (George Valentin), Berenice Jo (Peppy Miller), James Cromwell (Clifton), Penelope Ann Miller (Doris), John Goodman (Al Zimmer)
Musique : Ludovic Bource
Genre: Comédie Dramatique
Sujet : George valentin est un jeune acteur sur la vague de la gloire. Il rencontre une jeune actrice, alors figurante, mais c’est sans compter l’arrivée du cinéma parlant et la crise de 29...

Faire un film muet à notre époque était un pari risqué. Mais bien évidemment, Hazanavicius, qui avait réussi les années 60 avec les deux OSS 117, il fallait qu’il réussisse aussi les années 20. La reconstitution de l’époque est parfaitement réaliste : on a vraiment l’impression de regarder un véritable film muet avec une qualité extra.
Mais c’est un hommage à ce cinéma, que l’on a tendance à oublier : l’intrigue est d’un tel lyrisme, qu’on est surpris de s’apercevoir que l’on peut être ému par un film muet, encore aujourd’hui. Toutes les vieilles recettes sont utilisées à la perfection, et ça marche.
L’histoire, d’ailleurs, oscille entre le drame et la comédie : le rire est au rendez-vous dans certaines scènes, mais si le film se  termine par un happy ending, il se trouve des moments où on est vraiment ému. La tentative de suicide, l’incendie, Peppy Miller pleurant dans sa voiture sont des scènes toutes aussi émouvantes les unes que les autres. 




Rendant du même coup hommage aux grands classiques, on ne peut s’empêcher de relever avec joie les clins d’œil à Chantons sous la pluie, à  Vertigo ... Faut-il que Hazanavicius aime le cinéma et son métier pour nous réserver de telles surprises !
Leur histoire, alors qu’elle aurait s’annoncer assez prévisible, nous ménage pourtant quelque surprise : allongée dans le temps, la gloire ne sépare pas les deux protagonistes, mais finit par les rapprocher. Faut-il y voir un hommage à la magie du cinéma ? Des villas luxueuses hollywoodiennes au taudis de George, ils se cherchent constamment en dépit des malheurs de leur métier et leur époque. Ruiné, désillusionné, oublié, la longue chute de George n’a pour rayon de soleil que Peppy, joyeuse star montante. 



Berenice Jo est tout simplement rayonnante et se comporte comme si elle était née dans les années folles, quant à Dujardin, il est absolument fait pour le rôle : entre comédie et drame, il fait tout avec le même naturel, qui fait bien son charme. Le chien est indispensable à l’histoire, et fait pour l’originalité du film. La mise en scène est géniale, sans hyperbole, et nous propulse tout droit dans les années 20, et c’est une agréable plongée dans cette joyeuse époque du cinéma. On se tait tous dans la salle, et parfois dans le plus grand silence : ce retour aux origines du septième art est décidément une très belle expérience !



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