J. Edgar, 2012
Réalisation: Clint Eastwood
Production: Clint Eastwood, Robert Lorenz,
Brian Grazer
Scenario: Dustin Lance Black
Distribution: Leonardo Dicaprio (J. Edgar
Hoover), Naomi Watts (Helen Gandy), Armie Hammer (Clyde Tolson), Judi Dench
(Anne Marie Hoover),
Musique:
Clint Eastwood
Genre: Biopic
Studio: Warner Bros
Sujet : La vie de Hoover, dans son intimité et sur la
scène politique....
On peut deviner que c’était un dur pari que de mettre en
scène la vie de Hoover en tant
qu’américain : personnalité inoubliable du XXème siècle, ce monstre de
politique pouvait en imposer. Mais Clint Eastwood a très bien su faire
apparaitre la personnalité d’un homme qu’on n’aurait pas soupçonnée.
Le réalisateur a énormément joué sur les faiblesses de cet
homme, comme le veulent les principes du scénario (il faut bien s’attacher au
personnage) et n’en a trouvé qu’une : son homosexualité, qu’il n’a
d’ailleurs jamais réellement avoué à lui-même. Il ne vivra jamais son
histoire avec son collègue Clyde Tolson, et ce sont des scènes très touchantes
qui relatent leur relation. Du moins est-ce le parti qu’a pris Eastwood, face à
des rumeurs qui ont circulé après sa mort. Homme discret, voir asocial car
ayant vécu pendant très longtemps chez sa mère et sans aucun ami, il a pourtant
connu 6 présidents, et s’est débrouillé pour contrôler tout ce qui était en son
pouvoir. Il a mis au point un système politique visionnaire pour son époque.
Très marqué par la montée du communisme, il va consacrer sa vie à le combattre,
y compris en menaçant Luther King indirectement, persuadé de son activité
communiste.
Mais il est aussi un être pris de doute quant à son travail malgré son apparente conviction dans ses chantages ou déclarations publiques. Il va mentir quant à certains évènements pour se maintenir une réputation, et restera obsédé par le respect de sa vie privée, en paradoxe avec le système de dossiers confidentiels qu’il possédait sur qui l’intéressait.
Aidé par sa précieuse secrétaire qui le suivra aussi toute
sa vie, c’est un étrange trio que l’on voit évoluer dans le film. Et à travers
ces relations étroites, on voit évoluer le monde des années 30, la Guerre Froide : on aperçoit Marilyn
et Kennedy en ombres chinoises, Ginger Rogers et sa mère, ou encore Dorothy Lamour...Toute
une galerie de personnalités, y compris politiques avec Robert Kennedy,
Nixon...
Mais les plus belles scènes restent définitivement celles
avec Clyde, où l’on peut voir un homme dévoué à son compagnon : ils
prennent leur repas ensemble, vivent une vie ensemble, toujours en enquêtes et
sachant tout sur tout le monde...et seuls. Isolés par leur duo et ses
habitudes, ils sont très attachants dans leur façon d’être.
Clint Eastwood signe un film très documenté sur son sujet,
sa mise en scène reste fidèle à elle-même et la métamorphose de Dicaprio nous
laisse forte impression. Naomi Watts est parfaite dans le rôle de la secrétaire
fidèle et Armie Hammer est à la hauteur de ses confrères. La musique sait se
faire oublier, évitant ainsi le piège du mélodrame : de Clint Eastwood, on
reconnait sa marque. Et oui, même pour la musique !!





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