mercredi 18 janvier 2012


J. Edgar, 2012
Réalisation: Clint Eastwood
Production: Clint Eastwood, Robert Lorenz, Brian Grazer
Scenario: Dustin Lance Black
Distribution: Leonardo Dicaprio (J. Edgar Hoover), Naomi Watts (Helen Gandy), Armie Hammer (Clyde Tolson), Judi Dench (Anne Marie Hoover),
Musique: Clint Eastwood
Genre: Biopic
Studio: Warner Bros
Sujet : La vie de Hoover, dans son intimité et sur la scène politique....


On peut deviner que c’était un dur pari que de mettre en scène la vie de Hoover  en tant qu’américain : personnalité inoubliable du XXème siècle, ce monstre de politique pouvait en imposer. Mais Clint Eastwood a très bien su faire apparaitre la personnalité d’un homme qu’on n’aurait pas soupçonnée.
Le réalisateur a énormément joué sur les faiblesses de cet homme, comme le veulent les principes du scénario (il faut bien s’attacher au personnage) et n’en a trouvé qu’une : son homosexualité, qu’il n’a d’ailleurs  jamais réellement  avoué à lui-même. Il ne vivra jamais son histoire avec son collègue Clyde Tolson, et ce sont des scènes très touchantes qui relatent leur relation. Du moins est-ce le parti qu’a pris Eastwood, face à des rumeurs qui ont circulé après sa mort. Homme discret, voir asocial car ayant vécu pendant très longtemps chez sa mère et sans aucun ami, il a pourtant connu 6 présidents, et s’est débrouillé pour contrôler tout ce qui était en son pouvoir. Il a mis au point un système politique visionnaire pour son époque. Très marqué par la montée du communisme, il va consacrer sa vie à le combattre, y compris en menaçant Luther King indirectement, persuadé de son activité communiste. 



 Mais il est aussi un être pris de doute quant à son travail malgré son apparente conviction dans ses chantages ou déclarations publiques. Il va mentir quant à certains évènements pour se maintenir une réputation, et restera obsédé par le respect de sa vie privée, en paradoxe avec le système de dossiers confidentiels qu’il possédait sur qui l’intéressait.
Aidé par sa précieuse secrétaire qui le suivra aussi toute sa vie, c’est un étrange trio que l’on voit évoluer dans le film. Et à travers ces relations étroites, on voit évoluer le monde des années 30,  la Guerre Froide : on aperçoit Marilyn et Kennedy en ombres chinoises, Ginger Rogers et sa mère, ou encore Dorothy Lamour...Toute une galerie de personnalités, y compris politiques avec Robert Kennedy, Nixon...



Mais les plus belles scènes restent définitivement celles avec Clyde, où l’on peut voir un homme dévoué à son compagnon : ils prennent leur repas ensemble, vivent une vie ensemble, toujours en enquêtes et sachant tout sur tout le monde...et seuls. Isolés par leur duo et ses habitudes, ils sont très attachants dans leur façon d’être.
Clint Eastwood signe un film très documenté sur son sujet, sa mise en scène reste fidèle à elle-même et la métamorphose de Dicaprio nous laisse forte impression. Naomi Watts est parfaite dans le rôle de la secrétaire fidèle et Armie Hammer est à la hauteur de ses confrères. La musique sait se faire oublier, évitant ainsi le piège du mélodrame : de Clint Eastwood, on reconnait sa marque. Et oui, même pour la musique !!



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